Annuaire de la facturation électronique : comment vos factures trouvent leur destinataire

À partir du 1er septembre 2026, une facture entre entreprises françaises ne s’enverra plus « à une adresse », mais à un identifiant. Ni e-mail, ni PDF joint : votre plateforme transmet la facture à la plateforme de votre client, et pour savoir laquelle, elle consulte un référentiel national — l’annuaire de la facturation électronique, tenu par l’administration. La clé d’entrée de cet annuaire, c’est le SIREN/SIRET.

Autrement dit : le jour où la réforme s’applique, la qualité des SIRET de votre base clients et fournisseurs devient la condition de circulation de vos factures. Voici comment fonctionne cet annuaire, qui le met à jour, et ce qu’il faut vérifier avant le premier envoi.

Qu’est-ce que l’annuaire de la facturation électronique ?

L’annuaire (souvent appelé « annuaire PPF ») est le répertoire central de la réforme. Il recense chaque entreprise destinataire de factures électroniques, identifiée par son SIREN — et selon la finesse choisie, par SIRET ou code de routage plus précis — avec, en face, la plateforme agréée qui la dessert.

Il est opéré par le Portail Public de Facturation (PPF), pour le compte de l’administration fiscale. Depuis le recentrage du PPF fin 2024, l’État ne propose plus de plateforme d’échange gratuite : chaque entreprise passe par une plateforme agréée (les PDP — plateformes de dématérialisation partenaires) pour émettre et recevoir. Le PPF conserve deux rôles, et deux seulement : l’annuaire et le concentrateur de données qui transmet les informations de facturation à l’administration.

L’annuaire n’est donc pas un gadget administratif : c’est l’infrastructure d’adressage de toute la facturation interentreprises française — l’équivalent du DNS pour vos factures.

Comment une facture est routée, concrètement

  1. Votre fournisseur émet sa facture depuis son logiciel, qui la transmet à sa plateforme agréée.
  2. Sa plateforme interroge l’annuaire avec votre SIREN/SIRET : « quelle plateforme dessert ce destinataire, et à quelle adresse électronique de routage ? »
  3. L’annuaire répond, la facture est livrée à votre plateforme, qui la met à votre disposition dans votre outil.
  4. Les données de facturation (e-reporting compris) remontent en parallèle vers l’administration via le concentrateur.

Tout repose sur l’étape 2. Si l’identifiant utilisé pour désigner le destinataire est erroné — SIRET d’un établissement fermé, société radiée, mauvais établissement d’un groupe — la facture ne peut pas être adressée correctement : elle est rejetée ou reste en suspens, et le délai de paiement court d’autant. Ce contrôle, mécanique, s’applique à chaque document.

Qui alimente et met à jour l’annuaire ?

Vous ne créez pas votre fiche à la main. L’annuaire est initialisé à partir des données administratives existantes (répertoire SIRENE notamment), puis tenu à jour par les plateformes agréées pour le compte de leurs clients : quand vous contractez avec une plateforme, c’est elle qui déclare et actualise vos lignes de routage.

Votre responsabilité est en revanche de vérifier votre propre fiche : chaque établissement actif de votre entreprise doit y être correctement référencé, au bon niveau de granularité (siège seul, ou établissement par établissement si vos flux le demandent). Un établissement oublié, c’est un site qui ne recevra pas ses factures fournisseurs.

Consulter l’annuaire : le portail public officiel

Depuis le 18 septembre 2025, l’administration (DGFiP / AIFE) met à disposition un portail public de consultation de l’annuaire, en accès libre et sans création de compte. On y recherche une entreprise par SIREN, SIRET ou raison sociale, et sa fiche indique :

  • si l’entité est référencée dans l’annuaire — donc joignable en facturation électronique ;
  • la plateforme agréée qu’elle a choisie pour recevoir ses factures ;
  • son adresse de facturation électronique (l’identifiant de routage), au niveau siège ou établissement.

Trois usages concrets : vérifier votre propre fiche avant le 1er septembre 2026 (chaque établissement actif doit y figurer correctement), contrôler un client avant un premier envoi, ou comprendre pourquoi une facture reste en suspens.

Sa limite est assumée : la consultation est unitaire, protégée par un captcha — parfaite pour un contrôle ponctuel, inutilisable pour passer en revue une base de plusieurs milliers de tiers. C’est précisément la frontière entre la vérification manuelle et un traitement en masse comme Siretly.

Ce que l’annuaire ne corrigera jamais : votre base tiers

C’est le point aveugle de la plupart des projets de mise en conformité. L’annuaire garantit qu’un SIRET valide trouve sa plateforme. Il ne garantit pas que les SIRET enregistrés dans votre ERP soient les bons — et c’est là que ça se joue :

  • Pour émettre : chaque facture de vente part avec le SIREN/SIRET du client tel qu’il figure dans votre base. Un déménagement d’établissement change le SIRET (le NIC change) ; une fusion, une radiation, une fermeture d’établissement rendent l’identifiant caduc. Si votre fiche client date de trois ans, le routage interroge l’annuaire avec un identifiant mort.
  • Pour recevoir : vos factures d’achat arrivent identifiées par le SIRET de l’émetteur. Si votre base fournisseurs contient des doublons ou des identifiants obsolètes, le rapprochement automatique (facture ↔ commande ↔ fournisseur) échoue, et le traitement redevient manuel — précisément ce que la dématérialisation devait éliminer.

Une base tiers se dégrade en continu : des entreprises ferment, déménagent, fusionnent chaque jour, sans prévenir vos fichiers. Nous détaillons le mécanisme (et pourquoi le corriger à la main ne tient pas la distance) dans notre guide du nettoyage de base tiers.

Checklist avant le 1er septembre 2026

  1. Choisir sa plateforme agréée (ou vérifier celle de son éditeur : la plupart des logiciels de gestion s’adossent à une plateforme — voir nos guides Sage, Cegid, Pennylane, Odoo, EBP, Dolibarr).
  2. Vérifier sa propre fiche d’annuaire via sa plateforme : tous les établissements actifs, au bon niveau de routage.
  3. Exporter sa base tiers — clients et fournisseurs — telle qu’elle est vraiment, pas telle qu’on la croit.
  4. Contrôler chaque ligne : SIRET existant et actif, numéro de TVA valide, doublons, établissements fermés, sièges confondus avec des établissements secondaires.
  5. Corriger avant le premier envoi, puis réimporter la base propre dans l’ERP — le contrôle unitaire au fil de l’eau ne rattrape jamais un stock d’erreurs.

C’est exactement le périmètre de Siretly : vous déposez votre export, nous vérifions et corrigeons SIRET, TVA, APE et doublons contre les référentiels officiels, et vous validez les cas ambigus dans un portail décisionnel — le fonctionnement est détaillé ici.

👉 Testez gratuitement sur 100 lignes : vous saurez en quelques minutes quelle proportion de votre base est prête pour l’annuaire. (Voir aussi notre synthèse de la réforme et les tarifs.)

FAQ

L’annuaire PPF et l’annuaire de la facturation électronique, c’est la même chose ?
Oui. « Annuaire PPF » désigne le même référentiel, nommé d’après le Portail Public de Facturation qui l’opère. C’est l’un des deux rôles conservés par le PPF depuis son recentrage, avec le concentrateur de données.

Dois-je m’inscrire moi-même dans l’annuaire ?
Non. Votre plateforme agréée déclare et met à jour vos lignes de routage quand vous contractez avec elle. En revanche, vérifier que la fiche est complète — tous vos établissements actifs, bonne granularité — reste votre responsabilité — la fiche est consultable par tous sur le portail public.

Comment consulter l’annuaire de la facturation électronique ?
Sur le portail officiel facturation.chorus-pro.gouv.fr/annuaire : recherche par SIREN, SIRET ou raison sociale, sans créer de compte. La consultation est unitaire et protégée par un captcha — pour vérifier une base entière, il faut un traitement en masse.

Que se passe-t-il si le SIRET d’un client est erroné dans mon ERP ?
La facture ne peut pas être routée vers sa plateforme : rejet ou mise en suspens, traitement manuel, et retard d’encaissement. Multiplié par le nombre de fiches obsolètes d’une base non vérifiée, c’est le principal risque opérationnel du passage à la facturation électronique.

Et si je change de plateforme agréée ?
Votre nouvelle plateforme met à jour l’annuaire ; les factures suivent le nouvel enregistrement. Le changement est prévu par le dispositif — c’est l’un des intérêts d’un annuaire centralisé plutôt que d’adresses convenues bilatéralement.

L’annuaire vérifie-t-il mes données à ma place ?
Non. Il fait autorité sur « quel identifiant est desservi par quelle plateforme », pas sur la qualité de vos fichiers. Si votre base contient des SIRET fermés, des doublons ou des TVA invalides, l’annuaire ne fera que constater l’échec du routage. La mise à niveau des données reste à votre charge — c’est le prérequis silencieux de toute la réforme.

Sur le même sujet